Aires protégées : la France précise ses objectifs pour 2030
Le nouveau plan national vise à étendre la protection forte, sur terre et en mer, tout en améliorant la gestion des espaces déjà protégés.

Protéger davantage de surfaces, mais aussi mieux protéger les espaces existants : le deuxième plan d’action national pour les aires protégées, publié mercredi 28 octobre, articule ces deux priorités. Le ministère de la Transition écologique fixe de nouveaux objectifs à l’horizon 2030, dans un réseau où les situations terrestres et marines restent très différentes.
De nouvelles cibles sur terre et en mer
Le plan 2026-2030 prévoit notamment d’atteindre 10 % de protection forte pour les espaces terrestres français, dont 3 % du territoire terrestre hexagonal. Pour les espaces marins de l’Hexagone, la cible annoncée est de 5 % à l’échéance 2030.
Ces périmètres doivent être distingués. Le seuil national de 10 % de protection forte, tous espaces réunis, a déjà été dépassé, notamment grâce aux surfaces marines ultramarines. Cela ne signifie pas que la même proportion est atteinte dans chaque région, dans l’Hexagone ou pour les seuls espaces terrestres.
La qualité de la protection entre dans le bilan
Le ministère présente le renforcement de l’efficacité des aires protégées comme un axe central. Le simple tracé d’une limite sur une carte ne décrit pas toute la protection réelle : les pressions, les moyens de gestion et les continuités écologiques comptent aussi.
La protection forte vise à réduire ou supprimer durablement les principales pressions sur les enjeux écologiques concernés. Les conditions de reconnaissance sont détaillées dans une instruction technique de septembre 2025. Le statut ne se résume donc pas à une promesse générale de préserver la nature.
Des résultats à apprécier au-delà des hectares
Pour suivre le déploiement, il faudra regarder à la fois les surfaces reconnues et l’état des milieux qu’elles abritent. Un indicateur de couverture renseigne sur l’étendue du réseau ; il ne dit pas, à lui seul, si une population d’oiseaux augmente ou si une zone humide retrouve son fonctionnement.
La localisation compte également. Deux espaces de même taille peuvent protéger des habitats différents et subir des pressions très inégales. Les connexions entre les sites permettent d’aborder la protection comme un réseau, plutôt que comme une succession d’îlots indépendants.
Le plan national donne ainsi une direction et des échéances. Ses déclinaisons territoriales, les décisions de classement et le suivi de la gestion permettront d’apprécier les progrès concrets. Les pourcentages annoncés mercredi sont des objectifs à atteindre, pas le constat d’une réalisation immédiate sur tout le territoire.
À retrouver également dans notre rubrique Biodiversité et dans notre présentation du festival de cinéma animalier de Ménigoute, consacré aux regards portés sur le vivant.


