À Harare, Africa Skills Week relie formation et industrialisation
À la clôture d’Africa Skills Week, le 16 octobre, l’Union africaine appelle à transformer les engagements sur les compétences en actions financées et mesurables.

La troisième édition d’Africa Skills Week s’est achevée à Harare avec un appel à rapprocher formation, emploi et industrie. Dans son discours de clôture du 16 octobre 2026, le commissaire de l’Union africaine chargé de l’éducation, des sciences, de la technologie et de l’innovation, Gaspard Banyankimbona, insiste sur la mise en œuvre. Les orientations présentées restent à traduire en priorités nationales, en responsabilités institutionnelles et en calendriers réalistes.
Des compétences pour les transitions industrielle et numérique
Le discours publié par l’UA retient quatre directions : associer davantage les employeurs, préparer aux transitions liées à l’intelligence artificielle et à l’économie verte, intégrer l’inclusion dans les budgets et assurer un financement durable avec un suivi des résultats. Il évoque aussi la reconnaissance de compétences acquises dans le travail, au-delà des seuls parcours scolaires classiques.
L’articulation avec l’industrie pose une question concrète : à quelles activités une formation prépare-t-elle réellement ? Il ne suffit pas de multiplier les attestations si les équipements, l’encadrement ou les possibilités de pratique ne suivent pas. Pour autant, répondre aux besoins immédiats des entreprises ne doit pas faire disparaître les savoirs qui permettent de s’adapter, de communiquer et de continuer à apprendre lorsque les techniques évoluent.
Former pour le travail et pour la vie
L’UNESCO inscrit l’enseignement et la formation techniques et professionnels dans une perspective d’accès à l’emploi, d’apprentissage tout au long de la vie et de transitions numériques et écologiques. Son réseau UNEVOC soutient le renforcement des systèmes de formation et leur accessibilité. Ce cadre aide à comprendre pourquoi le débat porte aussi sur la qualité et l’inclusion, pas uniquement sur le nombre de places ouvertes.
Une politique de compétences doit pouvoir expliquer qui entre en formation, qui termine le parcours et quelles suites deviennent possibles. Les obstacles peuvent être financiers, géographiques, linguistiques ou liés aux horaires et au handicap. Un programme présenté comme inclusif gagnera donc à publier des indicateurs adaptés, tout en protégeant les données personnelles des participants. Des chiffres globaux peuvent masquer des écarts importants entre publics.
Le suivi d’une formation peut aussi regarder ce qui se passe plusieurs mois après sa fin. Une enquête devra préciser combien de personnes ont répondu et ce que recouvre un emploi déclaré. Sans ces éléments, comparer deux taux d’insertion peut être trompeur. Les sorties vers la poursuite d’études ou l’activité indépendante méritent également d’être décrites séparément.
Le suivi commence après la conférence
Le commissaire invite à transformer l’appel de Harare en engagement pratique. La prochaine étape institutionnelle citée est la session du comité technique spécialisé sur l’éducation, les sciences et la technologie, prévue du 2 au 6 novembre à Addis-Abeba. Cette échéance donne un point de suivi ; elle ne permet pas d’affirmer dès maintenant que les orientations sont déjà financées ou appliquées dans tous les États membres.
Pour apprécier les progrès, on pourra rechercher des plans nationaux accessibles, des organismes responsables, des moyens et des évaluations. Une hausse du nombre de formations ne prouve pas automatiquement une création d’emplois de même ampleur. La photographie est une vue ancienne de Harare, sans lien avec une session de travail précise. Consultez Afrique, les sujets Tech et sciences et notre guide pour vérifier une annonce et ses résultats.


