Déchets électroniques : un programme de 60 millions de dollars dans 16 pays
La BAD présente le programme GEM, lancé à Manille le 7 octobre. Neuf pays africains figurent parmi les seize participants à cette initiative de 60 millions de dollars.

La Banque africaine de développement a présenté le 16 octobre 2026 un programme de 60 millions de dollars consacré à l’économie circulaire des équipements électroniques. Lancé à Manille le 7 octobre, le Global Electronics Management Program, ou GEM, concerne seize pays, dont neuf en Afrique. La somme annoncée correspond au programme international ; elle ne constitue pas une enveloppe réservée à chacun des pays participants.
Réparer, réutiliser et recycler dans de meilleures conditions
Le communiqué de la BAD décrit une action sur l’ensemble du cycle de vie : production plus économe en ressources, durée d’utilisation prolongée, réparation, réemploi, collecte et recyclage. Le programme est financé par le Fonds pour l’environnement mondial et conduit par l’ONUDI avec plusieurs partenaires, dont la BAD, le PNUD et le PNUE.
Les neuf pays africains annoncés sont le Botswana, Djibouti, l’Eswatini, l’Éthiopie, le Lesotho, le Mozambique, la Namibie, la Somalie et l’Afrique du Sud. La BAD intervient dans le projet de la Corne de l’Afrique, tandis que le volet d’Afrique australe est mis en œuvre par le PNUE. L’annonce ne donne pas un montant de décaissement déjà réalisé pour chaque pays.
Un problème mondial mesuré avec un décalage statistique
Le Global E-waste Monitor 2024, publié par l’UIT et ses partenaires, estime à 62 millions de tonnes les déchets électroniques produits en 2022. Seuls 22,3 % étaient documentés comme collectés et recyclés formellement dans des conditions respectueuses de l’environnement. Ces chiffres décrivent 2022 : les présenter comme un comptage des déchets de 2026 serait inexact.
Le rapport projette 82 millions de tonnes en 2030. Cette projection illustre la pression attendue sur les filières, sans constituer une quantité déjà produite. Le suivi distingue aussi la production de déchets et leur prise en charge documentée. Une amélioration de la collecte formelle peut rendre visible un flux auparavant mal mesuré, ce qui demande une lecture attentive des séries.
Le résultat se mesurera au-delà de l’annonce financière
Pour juger un programme de ce type, plusieurs étapes doivent être distinguées : l’enveloppe annoncée, les projets approuvés, les dépenses exécutées et les résultats obtenus. Le montant initial ne renseigne pas à lui seul le nombre d’appareils réparés, le volume de matières récupérées ou les conditions de travail dans les installations. Ces résultats demandent des indicateurs et une période d’observation.
La circularité pose également une question de durée. Réparer un appareil utile peut prolonger son service ; collecter un appareil hors d’usage permet d’organiser sa fin de vie. Les deux actions se complètent, mais leurs effets ne se comptent pas de la même manière. Une filière ne peut donc pas être appréciée uniquement au poids des déchets entrants, sans information sur leur destination.
La prochaine étape à suivre sera la publication des projets nationaux et de leurs modalités d’exécution. Les acteurs économiques devront consulter les procédures officielles lorsqu’elles seront disponibles, plutôt que considérer l’annonce comme un appel à candidatures déjà ouvert. La photo jointe montre une carte électronique en 2017, à titre d’illustration. Notre rubrique Économie suit les financements du développement, notamment l’initiative africaine consacrée à l’intelligence artificielle.


