Amazonie : les fumées perturbent Manaus, les satellites suivent les feux
Une image satellite du 12 octobre montre les fumées autour de Manaus et Santarém. La mairie de Manaus a suspendu des activités face à la pollution.

Les feux en Amazonie ont marqué la semaine du 12 au 18 octobre 2026 par leurs fumées et leurs effets sur la vie quotidienne à Manaus. Une image du satellite Aqua, acquise le 12 octobre et présentée par la NASA le 15, montre un voile de fumée autour du fleuve Amazone, dans la région de Manaus et de Santarém. La situation est aussi documentée au sol par la municipalité.
Des activités suspendues le 13 octobre
Dans une note publiée le 12 octobre à 23 h 11, la mairie de Manaus a annoncé la suspension, pour le lendemain, des activités en plein air et dans des lieux de rassemblement concernés par sa décision. Elle cite notamment le Parque Municipal do Idoso et la Feirinha do Boi Manaus, organisée au sambodrome. L’annonce rattache ces mesures à la persistance d’une qualité de l’air défavorable.
Le suivi municipal indique une concentration moyenne de particules fines PM2,5 de 135 microgrammes par mètre cube le 12 octobre, classée très mauvaise dans l’échelle utilisée localement. La mairie précise que la reprise des activités dépendra de l’évolution des conditions environnementales. Ce communiqué documente la décision prise pour le 13 octobre ; il ne suffit pas à établir que toutes ces suspensions restaient en vigueur le 19.
Les observations spatiales complètent les mesures au sol
Selon l’analyse de la NASA, l’activité des feux s’est intensifiée depuis septembre dans le centre et l’est de l’Amazonie. La sécheresse associée à El Niño favorise la propagation dans une végétation desséchée. L’agence décrit des feux de gestion des terres qui se sont échappés, sans attribuer chaque incendie visible à une personne ou à une exploitation identifiée.
Les chercheurs soulignent aussi les limites de détection : fumée, nuages et couvert forestier peuvent masquer le signal des feux, notamment lorsqu’ils progressent dans le sous-bois. Une carte présentant peu de points chauds ne prouve donc pas, à elle seule, l’absence de combustion. Les observations doivent être croisées avec les autres informations disponibles.
Trois questions différentes : où brûle-t-il, où va la fumée, que respire-t-on ?
Ces trois questions ne se résolvent pas avec un seul indicateur. Une image en couleurs naturelles permet de voir un panache. Une détection thermique sert à repérer une anomalie de chaleur. Une mesure de particules renseigne la concentration au lieu où elle est effectuée. Les rapprocher est utile, à condition de conserver leurs dates et leurs périmètres respectifs.
La fumée peut concerner une ville sans que le foyer se trouve dans son centre. À l’inverse, l’absence de voile visible sur une image ne constitue pas un certificat de bonne qualité de l’air. Pour le public, la décision pratique dépend donc des consignes locales actualisées plutôt que de la seule impression donnée par une carte partagée sur les réseaux sociaux.
La photographie satellite jointe représente bien le 12 octobre 2026 ; elle ne décrit pas les conditions en temps réel. Le portail NASA FIRMS donne accès au suivi des détections. Retrouvez aussi notre article sur le suivi d’El Niño par les satellites pour comprendre le contexte océanique.


