Ukraine : l’appel nordique à Poutine divise les Européens
Oslo défend le dialogue engagé avec Moscou en consultation avec Kiev. L’initiative finlandaise et norvégienne suscite aussi des critiques en Europe.

Faut-il reparler directement à Vladimir Poutine pour préparer la paix en Ukraine ? La Finlande et la Norvège ont choisi de rouvrir ce canal. Mercredi 28 octobre, le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre a défendu l’appel de la veille avec le président finlandais Alexander Stubb et le dirigeant russe, alors que cette initiative provoque des réserves parmi leurs partenaires. Les positions des gouvernements restent donc à suivre séparément.
Helsinki et Oslo revendiquent leur propre démarche
Dans leur communiqué commun, les deux dirigeants indiquent avoir agi en consultation avec l’Ukraine. La conversation est liée à la préparation de rencontres à Abou Dhabi. Ils précisent qu’ils intervenaient au nom de leurs pays respectifs, sans mandat pour parler au nom de l’ensemble de l’Europe.
La déclaration maintient leur soutien à Kiev et appelle à reprendre les négociations. Elle met aussi en avant la proximité géographique avec la Russie : la sécurité dans la Baltique et dans le Grand Nord concerne directement les deux États. L’ouverture d’un contact n’est donc pas présentée comme un changement d’alliance.
Une justification norvégienne, des objections danoises
Selon Reuters, Støre a expliqué mercredi vouloir faire entendre au président russe des positions européennes, en complément des échanges avec les États-Unis. L’entretien à trois a duré environ quatre-vingt-dix minutes.
L’agence rapporte également les critiques de la Première ministre danoise Mette Frederiksen. Le désaccord porte notamment sur la coordination entre Européens. Il expose une difficulté récurrente des initiatives diplomatiques : un canal national peut ouvrir une conversation, tout en soulevant la question du message collectif adressé au même interlocuteur.
Un contact ne constitue pas encore une percée
Le prochain test sera le contenu des échanges envisagés et leur traduction sur le terrain. Une conversation téléphonique permet de transmettre des demandes ; elle ne prouve ni l’existence d’un compromis, ni celle d’une désescalade. Les engagements effectivement annoncés devront être examinés séparément des appréciations positives sur le dialogue.
Pour Kiev et ses partenaires, deux questions restent liées : comment peser sur une négociation et comment maintenir une position cohérente entre alliés ? La démarche nordique illustre cette tension. Les pays voisins de la Russie mettent en avant leur intérêt direct à une issue durable ; d’autres gouvernements insistent sur la nécessité d’agir ensemble.
Les discussions annoncées pour novembre restent ainsi une étape à venir. Notre suivi de la diplomatie internationale distinguera les contacts préparatoires, les éventuels accords et les mesures vérifiables qui pourraient en découler.


