Santé mentale : l’OMS plaide pour des soins de proximité
Dans une tribune du 12 octobre, l’OMS et le président du Sri Lanka défendent des services de santé mentale ancrés dans la communauté, avec une continuité des soins et le respect des droits.

Faire évoluer la santé mentale vers des services de proximité : c’est l’orientation défendue dans une tribune publiée le 12 octobre 2026 par l’OMS. Le texte est signé par son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, et par le président du Sri Lanka, Anura Kumara Dissanayake. Il met l’accent sur les droits, l’autonomie et la continuité de l’accompagnement.
Un appel à transformer l’organisation des services
La tribune publiée cette semaine invite les gouvernements à développer des alternatives aux grandes institutions psychiatriques isolées. Les auteurs citent l’expérience du Sri Lanka, où la réforme a favorisé un réseau décentralisé associant des services dans les hôpitaux généraux et des dispositifs de proximité.
Le texte ne propose pas simplement de diminuer le nombre de lits. Il insiste sur l’existence de relais : logement, accompagnement social, services de santé, soutien des pairs et participation des personnes concernées. La possibilité de vivre dans son environnement habituel dépend de cet ensemble de conditions, pas d’une seule décision administrative.
La continuité doit précéder les sorties
Les auteurs soulignent que le recul de l’hospitalisation prolongée doit aller de pair avec la construction de solutions locales. Une fermeture sans relais disponibles peut laisser les personnes et leurs proches face à un manque de soins. L’ordre des étapes est donc au cœur de l’argument : préparer un accompagnement effectif avant de considérer le changement comme accompli.
Pour le lecteur, cette distinction aide à examiner une annonce de réforme. Un budget transféré, un dispositif ouvert et un service effectivement accessible correspondent à trois informations différentes. Il faut regarder les horaires, les professionnels disponibles, les possibilités d’orientation et les conditions de suivi, plutôt que de s’en tenir au nom d’un programme.
Un cadre de droits déjà documenté
Le guide de l’OMS et du Haut-Commissariat aux droits de l’homme sur la législation, publié en 2023, apporte le cadre de référence. Il défend des services centrés sur les personnes, l’inclusion dans la société et l’évolution des lois pour protéger les droits. Ce document antérieur ne doit pas être présenté comme une nouvelle loi adoptée en octobre 2026.
Cette approche relie la question médicale à d’autres dimensions de la vie quotidienne. Une personne peut avoir besoin d’un suivi clinique, mais aussi d’accéder à un logement ou de poursuivre ses activités. Les choix d’organisation doivent tenir compte de ces besoins sans réduire une personne à un diagnostic ni confondre ses difficultés avec une incapacité générale à décider.
Une prise de position, pas un bilan universel
La publication du 12 octobre est une tribune de politique de santé. Elle expose une orientation et des arguments ; elle ne démontre pas que tous les pays disposent déjà des services nécessaires. Les moyens, les règles et les situations locales restent à examiner pour évaluer une réforme précise.
Le suivi des résultats devra porter sur l’accès réel, la qualité de l’accompagnement et l’expérience des personnes concernées. Retrouvez nos autres sujets dans Santé, nos repères pour distinguer une annonce d’un résultat établi et notre charte éditoriale. Aucun parcours individuel de soins ne peut être déterminé à partir de cet article.


