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La carte de Cassini entre en exposition aux Archives nationales

Ouverte le 14 octobre à Paris, l’exposition sur la carte de Cassini montre les archives d’une longue entreprise scientifique et cartographique.

Les Archives nationales ont ouvert le 14 octobre 2026 une exposition consacrée à la carte de France de Cassini. Présentée à l’hôtel de Soubise, à Paris, elle est accessible gratuitement jusqu’au 1er février 2027. Le parcours invite à regarder autrement un objet devenu familier : derrière une carte se trouvent des instruments, des mesures, des choix de représentation et une organisation collective du travail.

Les coulisses d’une carte monumentale

Selon la présentation de l’exposition, les 181 feuilles assemblées forment un ensemble d’environ onze mètres de large et douze mètres de haut. L’entreprise a mobilisé plusieurs générations de la famille Cassini. Elle repose sur la triangulation, qui relie des points fixes du territoire pour établir les distances et organiser les levés.

Le fonds remis par l’IGN en 2021 et 2025 comprend notamment calculs, documents préparatoires, cuivres et tirages. Il permet de suivre la fabrication et les usages de la carte sur une longue durée. Les pièces ne montrent donc pas seulement le résultat final : elles rendent visible le passage du terrain à une représentation imprimée.

Une inauguration avant l’ouverture au public

Les Archives nationales rapportent que l’inauguration du 13 octobre a réuni environ 300 personnes. Leur compte rendu insiste sur la dimension humaine et technique du projet. Les responsables présentent un parcours pédagogique organisé en quatre sections, qui rapproche science, financement, géographie et patrimoine.

Le récit de cette soirée met aussi en avant les plaques de cuivre confiées par l’IGN. Ces supports rappellent qu’une carte était un objet à produire et à diffuser matériellement. Avant l’écran et le zoom instantané, l’accès à une représentation du territoire dépendait du dessin, de la gravure, de l’impression et de la circulation des exemplaires.

Trois questions pour regarder une carte ancienne

La première porte sur l’échelle. Une représentation nationale ne peut pas donner le même niveau de détail qu’un plan de quartier. L’absence d’un petit élément ne prouve donc pas nécessairement son inexistence à l’époque. Il faut tenir compte de ce que le document cherche à montrer et du degré de précision qu’il autorise.

La deuxième question concerne la date. Le moment du relevé sur le terrain, celui de l’impression et celui d’une éventuelle réédition peuvent différer. Lire uniquement une date portée sur un exemplaire risque d’effacer ces étapes. Pour comparer un paysage ancien à un paysage actuel, mieux vaut identifier la chronologie propre à la feuille consultée.

La troisième touche aux signes. Un symbole ne se comprend pas toujours intuitivement, et un nom de lieu peut avoir changé. Examiner la légende et rapprocher plusieurs documents évite des conclusions trop rapides. Cette méthode transforme la visite en exercice d’observation : que sait-on directement, que déduit-on, et que faudrait-il vérifier ailleurs ?

Ces questions restent pertinentes à l’heure des cartes numériques. La facilité d’accès ne supprime ni les choix de données ni les limites d’une représentation. L’exposition offre ainsi un point de départ concret pour réfléchir à notre manière de lire le territoire, sans opposer artificiellement les outils anciens et contemporains.

Le musée se trouve au 60, rue des Francs-Bourgeois, dans le troisième arrondissement de Paris. Les horaires et visites guidées sont à vérifier sur la page officielle avant le déplacement. La photographie d’archive montre la façade de l’hôtel de Soubise en 2010, et non les salles de cette exposition. Retrouvez nos autres découvertes dans Culture et société.

La carte de Cassini entre en exposition aux Archives nationales

Sources

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