Nouvelle-Guinée : les incendies étendent leurs fumées
Les observations satellitaires montrent l’ampleur des feux dans le sud de l’île. Les fumées perturbent aussi des territoires éloignés des foyers.

Les incendies en Nouvelle-Guinée ne se limitent pas aux surfaces brûlées. Leurs fumées traversent de vastes zones et affectent des villes éloignées des foyers. Les dernières publications de la NASA et du média public papouasien NBC décrivent une saison de feux aggravée par la sécheresse, avec des conséquences sur la visibilité et la vie quotidienne.
Des feux visibles depuis l’espace
La NASA a publié le 22 octobre une image acquise le 11 octobre par l’instrument VIIRS du satellite NOAA-20. Elle montre des panaches au-dessus du sud de l’île. La date de prise de vue doit être conservée : cette image documente l’épisode, sans constituer une observation en direct de la situation de ce lundi.
Le bilan présenté par l’agence, fondé sur les données de la base mondiale des émissions liées aux feux, évaluait à près de 32 mégatonnes les émissions de carbone en Papouasie-Nouvelle-Guinée au 19 octobre. Il s’agit de carbone, et non d’un chiffre exprimé en dioxyde de carbone. Confondre ces unités modifierait le sens de l’estimation.
Une sécheresse qui favorise la propagation
La NASA relie l’intensité de l’épisode à des conditions sèches associées à El Niño. Des départs de feu liés aux usages des terres peuvent alors s’étendre plus facilement. Le suivi satellitaire renseigne sur la localisation et l’ampleur des foyers ; il ne permet pas d’attribuer automatiquement chaque départ à une personne ou à une pratique précise.
La vulnérabilité d’un territoire dépend donc à la fois des conditions météorologiques et des possibilités d’inflammation. La sécheresse ne constitue pas une explication unique de tous les incendies. Elle aide à comprendre pourquoi un feu peut prendre une ampleur différente de celle qu’il aurait dans un milieu plus humide.
Port Moresby concernée par les fumées
Dans son point du 23 octobre, NBC rapporte que le service météorologique national relie la brume observée à Port Moresby à des incendies dans la partie indonésienne de l’île. L’information souligne le caractère transfrontalier de l’épisode : les fumées ne suivent pas les limites administratives.
Le lieu où l’air est affecté peut être éloigné de celui où brûle la végétation. Une ville sans foyer majeur à proximité peut ainsi subir les conséquences d’un incendie lointain. Pour suivre la situation, les cartes des feux et les observations locales de visibilité apportent des informations différentes, qu’il faut rapprocher sans les confondre.
La qualité de l’air et les conditions d’évolution doivent être appréciées à partir des bulletins locaux actualisés, plutôt qu’à partir d’une seule image de l’île. Retrouvez nos suivis dans Climat et Pollutions et déchets.


