Sénégal : Lô défend ses arbitrages et appelle aux amendements
Le premier ministre a répondu dimanche aux critiques sur le budget rectificatif. Il annonce des économies de fonctionnement et demande un débat précis.

Le premier ministre sénégalais Ahmadou Al Aminou Lo a défendu dimanche son projet de loi de finances rectificative et appelé les députés à présenter des amendements précis. Après le rejet du texte en commission vendredi, il a proposé de poursuivre les échanges avec l’Assemblée nationale. Sa conférence de presse a aussi détaillé les contraintes invoquées par le gouvernement pour justifier ses arbitrages.
Le dialogue parlementaire remis en avant
Selon l’Agence de presse sénégalaise, le chef du gouvernement s’est dit prêt à venir avec les ministres concernés répondre aux interrogations des élus. Il demande que les critiques se traduisent par des propositions identifiables, dont les conséquences sur les recettes et les charges puissent être discutées.
Lô a également rappelé ses propositions antérieures d’échanges techniques avec les parlementaires. Cette présentation est celle de l’exécutif dans un débat qui reste ouvert. Elle ne signifie ni que les députés ont retiré leurs objections ni qu’un compromis a été conclu après la conférence.
180 milliards de francs CFA d’économies annoncées
Dans un autre compte rendu, l’APS rapporte une réduction de 180 milliards de francs CFA des dépenses de fonctionnement de l’administration centrale annoncée par le premier ministre. Les fournitures, consommables, conférences et cérémonies figurent parmi les postes réajustés. Les charges obligatoires et certaines dépenses sensibles auraient été préservées, selon lui.
Le chef du gouvernement a aussi invoqué une baisse attendue de recettes de 340 milliards et une hausse de charges de 540 milliards, rapporte Le Soleil, repris par SenePlus. Il présente ces mouvements comme les contraintes auxquelles répond la révision budgétaire. Ces montants décrivent des variations annoncées, pas chacun le niveau total des recettes ou des dépenses de l’État.
La discussion sur le texte continue
Les économies annoncées et le vote de la loi sont deux plans différents. La conférence expose la défense du gouvernement ; l’examen parlementaire déterminera les autorisations retenues dans le texte. La réalisation effective des économies devra ensuite être appréciée dans l’exécution des comptes.
Le désaccord porte notamment sur les prévisions, les investissements et les dépenses énergétiques. Pour avancer, gouvernement et députés devront préciser les postes à modifier et la façon de les financer. Une réduction sur un périmètre donné ne permet pas, sans regarder le reste du budget, de conclure à une baisse générale de la dépense publique.
Les amendements à venir permettront de distinguer les désaccords sur les hypothèses économiques de ceux portant sur l’affectation des crédits.
Notre précédent article revient sur le rejet en commission. Les suites sont suivies dans Politiques publiques.


