Dans l’ISS, la bio-impression poursuit ses essais sur les tissus
L’équipage travaille sur des cellules vasculaires et leur culture en microgravité. Ces recherches ne correspondent pas encore à la production d’organes prêts à greffer.

Les astronautes de la Station spatiale internationale ont poursuivi vendredi leurs expériences de bio-impression sur des cellules vasculaires. L’objectif est de mieux fabriquer et cultiver des structures de tissus dans un environnement de microgravité. Cette étape de recherche reste éloignée d’une production courante d’organes destinés à des patients.
Imprimer, puis entretenir les cellules
Le compte rendu de la NASA du 23 octobre décrit le travail de Luke Delaney et d’Anil Menon. Le premier a préparé la BioFabrication Facility, ou BFF, pour l’impression ; le second a traité les tissus fabriqués afin de permettre leur nutrition et leur culture. La manipulation ne s’arrête donc pas au dépôt des cellules : leur maintien dans des conditions adaptées fait partie de l’expérience.
La BFF utilise des encres biologiques contenant des cellules vivantes, explique l’ISS National Lab. L’installation commerciale de Redwire associe des têtes d’impression et des équipements permettant la maturation des tissus. La fabrication d’organes complets figure parmi les objectifs à long terme de ce type de plateforme, pas parmi les résultats cliniques annoncés vendredi.
Ce que change la microgravité
Sur Terre, une structure de tissu fraîchement imprimée peut se déformer sous son propre poids. Une fiche technique de la NASA présente la microgravité comme un moyen d’explorer d’autres conditions de fabrication. La BFF a été acheminée dans la station en 2019, avec l’ambition de tester la construction de tissus plus complexes.
Cette propriété ne résout pas à elle seule les questions biologiques. Obtenir une forme tridimensionnelle, maintenir des cellules vivantes et démontrer la fonction d’un tissu sont des objectifs différents. Passer ensuite à un usage médical demanderait d’autres validations. L’expérience orbitale produit des connaissances sur la fabrication ; elle ne constitue pas une autorisation de transplantation.
Une plateforme utilisée pour plusieurs pistes de recherche
La NASA a aussi présenté des travaux de bio-impression de tissus cardiaques. L’intérêt de ces essais est d’étudier des structures susceptibles, à terme, d’aider à réparer des tissus endommagés. Le passage d’un échantillon expérimental à un produit utilisable implique cependant de vérifier sa qualité, son fonctionnement et sa sécurité de façon reproductible.
Les travaux du vendredi ne mobilisaient pas uniquement les biologistes : Joshua Kutryk a également remplacé du matériel dans un four qui maintient des échantillons en lévitation et les chauffe au laser. La station sert ainsi de laboratoire à la biologie comme à la physique des matériaux. Les résultats de chaque expérience devront être appréciés dans leur domaine, sans confondre activité scientifique et annonce de percée médicale.
Suivez ces projets dans Recherche et les étapes du programme lunaire dans notre point sur Artemis III.

