Poliomyélite : l’OMS appelle à combler les derniers trous dans la vaccination en Afrique
À la veille de la journée mondiale, l’OMS rappelle que les progrès restent fragiles. Atteindre les enfants manqués et assurer la disponibilité des doses demeurent décisifs.

L’éradication de la poliomyélite en Afrique dépend encore de la capacité à vacciner les enfants qui échappent aux campagnes. Dans son message publié vendredi, à la veille de la journée mondiale du 24 octobre, le directeur régional de l’OMS Mohamed Janabi appelle à maintenir l’effort toute l’année. Les progrès enregistrés dans plusieurs pays ne mettent pas la région à l’abri d’une reprise de la circulation virale.
Des succès, mais des lacunes persistantes
Le message de l’OMS rappelle la certification, en 2020, de la Région africaine comme exempte de poliovirus sauvage autochtone. Il mentionne cette année la clôture de flambées de type 2 au Burundi, au Ghana, en Guinée-Bissau, en République du Congo et en Ouganda. Une clôture de flambée ne signifie pas que la surveillance ou la vaccination peuvent être interrompues.
La détection de poliovirus de type 1 à Madagascar, après la clôture d’un épisode antérieur, montre selon l’OMS la fragilité des acquis lorsque des lacunes de couverture demeurent. Les différents types de poliovirus et les différents statuts de certification doivent rester distingués : une annonce de succès régional ne décrit pas l’absence de toute forme du virus dans chaque pays.
Quelques gouttes, une logistique importante
Un reportage de l’UNICEF publié le 23 octobre détaille l’organisation nécessaire derrière une vaccination de quelques secondes. Les flacons doivent être livrés, conservés à la bonne température et suivis jusqu’aux équipes qui parcourent les quartiers. Une rupture, même temporaire, peut laisser des enfants sans dose pendant une campagne courte.
L’UNICEF décrit des campagnes généralement concentrées sur trois jours, puis des visites de rattrapage pour retrouver les enfants manqués. Cette seconde étape compte autant que l’ouverture des postes de vaccination : l’absence d’une famille au premier passage ne doit pas devenir une exclusion durable. La gestion des stocks et le suivi des équipes servent ainsi un objectif très concret d’accès.
La prévention reste essentielle
La fiche de l’OMS sur la poliomyélite décrit une maladie susceptible de provoquer une paralysie irréversible et rappelle le rôle central de la vaccination. Les calendriers et les campagnes applicables relèvent des autorités sanitaires nationales. Les familles doivent s’appuyer sur ces consignes et sur les professionnels de santé pour connaître les rendez-vous concernant leurs enfants.
La confiance fait partie du dispositif. Une campagne doit pouvoir expliquer à quoi sert une dose, qui intervient et où trouver une information fiable. Les équipes ont également besoin d’un accès aux zones difficiles et de moyens pour conserver les vaccins. Le nombre de flacons distribués ne suffit pas à lui seul à mesurer le nombre d’enfants effectivement protégés.
Suivre les enfants plutôt que les seules doses
Le contrôle des stocks permet d’éviter des pertes, mais il ne remplace pas le suivi de la couverture. Une dose sortie d’un dépôt doit encore parvenir jusqu’à un enfant. Le rattrapage et la surveillance répondent ainsi à la même exigence : repérer les zones où la protection reste insuffisante, même lorsque la campagne a atteint ses objectifs globaux.
L’appel de l’OMS porte donc sur la continuité de l’action : vaccination, surveillance et suivi des enfants manqués. À l’approche du 24 octobre, l’objectif reste de transformer les avancées nationales en une protection qui atteigne aussi les familles les plus éloignées des services.


